Chansons de tradition orale en langue bretonne
dans les livres, revues et manuscrits
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Caractéristiques du chant

Référence : M-00934
Titre critique breton : Kêr Is
Titre critique français : La ville d’Is
Titre critique anglais : The city of Is
Résumé :
A / [Version de La Villemarqué]
– « As-tu entendu, Gradlon, ce qu’a dit l’homme de Dieu ? Ne vous livrez pas aux folies ; après le plaisir, la douleur ». Gradlon quitte ses convives pour dormir et Dahut va lui voler les clés des écluses.
Un cri s’élève : – « L’eau est lâchée, la ville est submergée ».
– « Seigneur roi, lève-toi, à cheval ! ».
– « Forestier, as-tu vu passer le cheval sauvage de Gradlon ? ». – « Je l’ai entendu, rapide comme le feu ».
« As-tu vu la fille de la mer, peignant ses cheveux ? ». – « Je l’ai même entendu chanter ses chants plaintifs comme les flots ».

B/ [Version d’H. Le Carguet (selon la tradition et l’ancienne chanson de la ville d’Is)].
La ville d’Is se trouvait « au bas de la montagne des Tombeaux, face à Ilis-Pors-Fall, là où est actuellement la Basse-Jaune. Le Raz de Sein ni la Baie des Trépassés n’existaient, l’île de Sein est ce qui reste. Il y avait dix écluses et une clé d’or pour les ouvrir, là où sont les rochers du Gorlé prolongeant la pointe du Raz vers l’île de Sein. Un chemin pavé, bordé d’arbres, conduisait de la ville d’Is à Laoual. Au sud-ouest de l’île de Sein était le palais de la princesse Ahès ».

C/ [Version d’Olivier Souvestre (composition éditée en feuille volante et devenue traditionnelle)]
– « Quoi de nouveau dans la ville d’Is ? – « C’est ici la fête tous les jours, toutes les nuits. Épines devant les églises fermées. Ahès a la tête de la débauche ».
Saint Gwénolé met Gradlon en garde de la colère de Dieu, mais par faiblesse, le roi laisse sa fille continuer.
Arrive aux fêtes un prince vêtu d’écarlate qui demande à Ahès les clés des écluses. Pendant qu’Ahès commet son forfait, Gwénolé vient chercher Gradlon : – « Gradlon, lève-toi pour te sauver de la mer, les écluses sont ouvertes ».
Dans sa fuite, Gradlon charge Ahès en croupe. Aussitôt la mer le rattrape. – « Gradlon, jette à bas ce démon maudit ». Il faut l’intervention de Gwénolé pour sauver Gradlon qui, accablé de douleur à la vue de sa ville engloutie, décide de construire une église à Rumengol en souvenir d’Is.

Thèmes : Punitions exemplaires, pénitences exceptionnelles
Note :
[de Louis Ogès] : qui essaie de montrer dans son article la part des documents littéraires ayant peu à peu développé la légende de la ville d’Is, reprise et véhiculée par le peuple. Les premiers documents du chanoine Le Baud puis de d’Argentré sont assez laconiques sur le sujet mais semblent s’appuyer sur la tradition orale.

Voir aussi « Cantre ‘r Gwaelod and Ker Is » by Rachel Bromwich (pp. 217-241, in « The early cultures of North-West Europe », HM Chadwick memorial studies, edited by Sir Cyril Fox and Bruce Dickins, Cambridge, at the University Press, 1956).

Voir Marc, F., « Petra zo neveze e Ker Is? », Annales de Bretagne tome 95, 1986-87, pp. 162-170.

Voir Doan J., « The legend of the sunken city in Welsh an d breton tradition », Folklore (GB), tome 92, n° 1, 1981, pp. 77-83

Voir Mazéas, Michel, « Sur la légende de la ville d’Ys », in « Douarnenez, Mémoire de la ville », 1985, pp. 5-13.

Voir Varin, Amy, « Dahut an d Gradlon » in « Proceedings of the Harvard Celtic colloquium », edited by John T. Koch and Jean Rittmueller, Harvard University, Dept of celtic languages and littérature, 1982, vol II, pp. 19-30.

Voir F. Le Roux et Ch. Guyonvarc’h, « La légende dela ville d’Ys », éd. Ouest-France, Rennes, 2000, pour le rapport du mythe celtique pré-chrétien de « la femme de l’autre monde » au folklore marqué de christiannisation.

Études

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